Discours d’hommage prononcé à l’occasion de la célébration de la victoire de 1945

Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les élus du Conseil Municipal des Enfants,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations patriotiques,
Monsieur le Commissaire,
Mesdames et Messieurs,

Non sans une certaine émotion, j’ai l’honneur de prononcer ces quelques mots devant vous, en ce 74ème anniversaire de l’armistice européen de la Seconde Guerre mondiale.

Ce 8 mai 1945, les sirènes de la paix retentirent partout en Europe. Elles renvoient nos mémoires collectives à la fin de longues et sanglantes années de guerre mondiale – en effet, pour le reste du monde, il faudra attendre la capitulation de l’Empire du Japon, le 2 septembre 1945.

Une guerre qui a fait 55 millions de victimes, dont 1,5 million de tués par les bombardements aériens et plus de 6 millions de victimes de l’extermination nazie. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il a été déploré plus de victimes civiles que militaires.

« En notre temps, disait De Gaulle, la seule querelle qui vaille est celle de l’homme ». C’est en 1940 que le Général prononçait ces mots. La France venait de perdre une bataille, mais pas la guerre. L’Europe et le monde allaient perdre des millions d’hommes et de femmes dans la plus grande folie meurtrière que l’humanité ait jamais connue – et souhaitons-le, ne connaîtra jamais plus.

Nous commémorons aujourd’hui avec gravité et avec émotion la fin de la guerre, la victoire des Alliés, et surtout la paix. Cette paix, nous l’avons signé le 8 mai 1945 avec nos ennemis, qui par la conviction et par l’action des partisans de la liberté sont devenus nos amis. C’est lors du Discours de Robert Schumann, le 9 mai 1950, que cette paix a pris vraiment forme. Ce discours est à l’origine de l’Europe que nous connaissons aujourd’hui. Après l’horreur et le drame, c’est pour une certaine idée de l’Homme (avec un grand « H ») que des Français et des Européens se sont rassemblés et ont construit cette paix qui semblait impossible. Car « rien n’est possible sans les hommes » concluait Jean Monnet.

« En notre temps » à nous, les choses ne sont pas si extrêmes, mais les défis sont tout aussi grands. Notre pays et notre continent connaissent des jours difficiles, marqués par le doute, la crainte et la division. Notre société est en crise et la peur s’invite dans les esprits.

A travers toute l’Europe, sifflent les sirènes de la haine et du repli sur soi.

A travers toute l’Europe, soufflent les vent du populisme et du nationalisme.

Mais à travers toute l’Europe, aussi, des hommes et des femmes s’engagent pour « éviter que le monde ne se défasse ».

Cette phrase d’Albert Camus est belle mais elle n’est pas suffisante. Nos enfants sont en droit d’espérer plus que d’éviter le pire. Ils sont en droit de rêver à une France et à une Europe qui retrouvent confiance en elles. « La paix est le seul combat qui vaille d’être mené » disait encore Camus. Cette paix nous devons nous engager pour la préserver et pour lui donner un sens, une valeur et une saveur dignes de cette « idée de l’Homme » pour laquelle d’autres ont donné leur vie. Tous ensemble, nous réussirons à faire de la France et de l’Europe une seule et même réussite au service de l’humain et de son avenir.

Vive la République

Vive la France