Tribune pour l’émergence d’un progressisme municipal

La notion de progrès oriente nos débats et la marche de notre société. Notre modèle démocratique est confronté à des questions qui concernent la vie quotidienne comme les manières de s’alimenter, de se déplacer, de se loger, de traiter les déchets, d’éduquer et de concevoir les liens sociaux. Nous pensons que sur ces sujets, nous devons impérativement « progresser ».

A l’instar des regrets formulés par Michel Rocard [1]: « J’ai commis l’erreur de ne pas gérer l’une et l’autre sphère, celle du symbole et celle du concret, avec la même attention. », force est de constater qu’Emmanuel Macron n’a pas cédé aux mêmes écueils et que désormais c’est ce sillon qui doit nous entraîner en expliquant cette démarche d’ouverture indispensable.

La recomposition politique initiée et portée par La République en Marche ouvre d’ambitieuses voies nouvelles. Cette recomposition ne saurait se réduire à un prochain rapprochement entre une « droite dure » et une « droite extrême » dont les idées convergent. Ce rapprochement déjà craint lors de la victoire de Laurent Wauquiez à la tête du parti « Les Républicains », et à nouveau à l’ordre du jour même après sa démission.

Ainsi avec près de 22,5 % des voix et une seconde place honorable, c’est avec humilité et rigueur, qu’il revient désormais aux élus et militants LREM, de tirer les conclusions de ce score. Sans transposition hâtive de ces résultats, nous devons néanmoins construire l’ancrage local, celui du camp des progressistes. Il nous faut nous organiser et penser le maillage politique de demain, afin d’être un appui sûr et stratégique, pour les membres de la commission d’investiture qui viennent d’être désignés au sein de LREM. Il s’agit d’une nécessité politique, mais surtout d’un impératif démocratique.

Dans cette optique, ces résultats appellent à une certaine responsabilité. Les électeurs, ont souhaité sortir l’organisation de la vie politique du carcan historique dans lequel les partis traditionnels l’avaient enfermé. De plus, en ayant placé l’écologisme comme matrice des politiques publiques européennes, les citoyens démontrent qu’ils prennent parfaitement conscience de l’importance d’une stratégie politique cohérente, avec l’échelon de décision concerné par le scrutin. Enfin, et surtout, ces élections ont été un rendez-vous de convictions et non pas d’étiquettes.

Il sera ainsi nécessaire à l’action municipale, d’être avant tout, pensée globalement afin ensuite d’agir localement au plus près des citoyens.

C’est la raison pour laquelle, au-delà des clivages nationaux, il nous faudra d’abord parler du fond afin de faire naître ce progressisme municipal. Le Maire, en tant que premier maillon démocratique reste d’une importance capitale pour la cohésion sociale. Il relève en effet des compétences du maire, de bâtir les projets qui conditionneront l’avenir d’un territoire et le quotidien des citoyens. A travers notamment la garantie de la qualité des services publics de proximité, de la vitalité économique de la ville, du soutien des plus faibles, de la bonne tenue des écoles, d’une sensibilisation aux impératifs environnementaux, ou encore de l’ordre public.

Le socle de cette idéologie locale devra reposer sur des principes forts, un respect sans faille de la participation citoyenne, ainsi que sur la promotion d’idées novatrices, au service de l’intérêt général. Ce dernier, loin d’être une addition d’intérêts électoraux, devra être dirigé vers l’amélioration du quotidien de chacun.

Cet engagement est aujourd’hui notre devoir. Non pour faire triompher une écurie ou un slogan, mais plutôt pour que le bon sens soit enfin la boussole des gouvernances locales. Aussi afin d’éloigner de toute vision partisane ou dogmatique la gestion de nos villes, je militerais pour un rassemblement autour d’une gouvernance locale pragmatique. C’est la raison pour laquelle, en tant qu’ancienne élue locale et nouvelle députée, j’appelle tous les élus et candidats pouvant s’inscrire dans ce dessein transpartisan et progressiste, à se fédérer en vue des élections municipales de 2020.

Ainsi liberté et ouverture seront les maître-mots de cette ambition, afin que tous ceux qui souhaiteraient travailler au service de leur ville, à travers un projet humaniste, écologiste et démocratique, puissent nous rejoindre.

 

Stéphanie Atger

Députée de la 6ème circonscription de l’Essonne

[1] MICHEL ROCARD, Si la Gauche savait, Points, 2007, 473p.