Prise en charge des enfants irruptifs à l’école

Question écrite n° 24366 de Mme Stéphanie Atger publiée le 12 novembre 2019

Rubrique : Enseignement maternel et primaire

Titre : Prise en charge des enfants irruptifs à l’école

Mme Stéphanie Atger alerte Mme la secrétaire d’État, auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées, sur la situation des enfants dits « irruptifs » et leur prise en charge scolaire.

Depuis de longues années, l’éducation nationale œuvre pour gérer au mieux les différents troubles qui peuvent survenir chez les adolescents, notamment en ce qui concerne les violences, qu’elles soient exercées envers les autres élèves ou envers les personnels. Toutefois, ces faits de violence incontrôlable, même s’ils sont rares, peuvent survenir à un âge beaucoup moins avancé, que ce soit à l’école primaire voire à l’école maternelle. Ainsi, en 2016, le cas d’un petit garçon de 3 ans, suspendu de son école maternelle de l’Aude en raison de son comportement dit « irruptif », a été largement relayé dans la presse.

Les enfants irruptifs font preuve d’une très grande violence et d’un comportement perturbateur, qui nuit au bon déroulement de la vie scolaire. Contrairement au second degré, il n’existe pas, pour les enfants, de sanction disciplinaire. Aussi, quand la communauté éducative n’a plus d’autre choix pour garantir la sécurité à la fois des autres enfants mais aussi parfois des personnels, des suspensions temporaires sont mises en place, le temps qu’une solution puisse être trouvée. Cela se conclut, la plupart du temps, par un changement d’établissement et les crises de violence continuent. Ces enfants qui sont en grande souffrance, sont ainsi ballottés d’école en école, sans qu’aucune solution réelle ne soit trouvée. De plus, à l’heure d’internet, des réseaux sociaux et des pétitions en ligne, mobiliser la quasi-totalité des parents d’un établissement scolaire peut se faire de façon très rapide. Aussi, il est devenu très simple de mettre au ban un enfant et ses parents, engendrant ainsi des rancœurs et accentuant des situations déjà très difficiles.

Certains de ces enfants, comme c’était le cas en 2013 à l’école Les Pyramides de Champs-sur-Marne, bénéficient pourtant d’une auxiliaire de vie scolaire. D’autres, comme à Jossigny, sont inscrits à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Mais face à des situations de violence extrême, ces accompagnements ne suffisent pas.

Quelles mesures sont envisagées pour proposer une meilleure formation des personnels afin de mieux appréhender les enfants dits « irruptifs » ? Comment mieux accompagner les familles, qui vivent, dans la plupart des cas, dans une situation sociale précaire ou instable ? Enfin, comment mieux assurer le suivi psychiatrique de ces enfants, afin de leur venir en aide du mieux possible ? Enfin, elle lui demande s’il est envisageable, dans ces cas extrêmes, qu’il puisse être passé outre la volonté des parents de s’opposer à des soins psychiatriques recommandés par des praticiens.

En attente de la réponse de la Secrétaire d’Etat